Guide 2026

Cotisations 2026 : PMSS, tranches T1/T2, CET et régularisation

PMSS, T1/T2, déclenchement CET, proratisation, régularisation progressive : les points à contrôler sur un bulletin 2026.

Publié par Thomas de Priestere4 mars 2026

Sur un bulletin 2026, la cohérence T1/T2/CET et le déclenchement du plafond annuel sont les sources d'erreur les plus fréquentes. Ce guide vous aide à contrôler en cinq points, avec un simulateur pour vérifier vos calculs.

Cette page couvre cinq points de contrôle sur un bulletin de paie 2026, tous liés au plafond de la Sécurité sociale :

  1. PMSS / PASS 2026 : la valeur pivot de toutes les cotisations plafonnées
  2. Ventilation T1 / T2 : la répartition par tranche et les taux associés
  3. Déclenchement et assiette de la CET : le seuil binaire, source fréquente d'erreurs
  4. Proratisation du plafond : la source de T2 fantôme (temps partiel, entrée/sortie)
  5. Régularisation progressive : pourquoi les bases bougent d'un mois à l'autre

Ce guide ne couvre pas l'ensemble des cotisations patronales (maladie, AF, FNAL, formation), la codification DSN/CTP, ni la théorie de la retraite complémentaire. Le périmètre est restreint aux cotisations indexées sur le plafond.

Le plafond de la Sécurité sociale (PMSS 2026)

Le plafond mensuel de la Sécurité sociale (PMSS) est la valeur de référence pour toutes les cotisations plafonnées. Il détermine la limite de la tranche 1 et le seuil de déclenchement de la CET. En 2026, le PMSS est fixé à 4 005 €/mois, soit un plafond annuel (PASS) de 48 060 € (+2 % par rapport à 2025).

Valeurs associées : plafond journalier 220 €, plafond horaire 30 €. Ces valeurs servent à la proratisation pour les salariés à temps partiel et les entrées/sorties en cours de mois.

Vérifier la ventilation T1 / T2

Le premier point de contrôle est la répartition du brut entre tranche 1 et tranche 2, qui détermine les taux de cotisation de retraite complémentaire applicables. Une erreur de ventilation fausse l'ensemble des lignes Agirc-Arrco du bulletin.

  • Tranche 1 (T1)De 0 à 4 005 €/mois (1 PMSS). Fraction du salaire brut jusqu'au PMSS. Base pour la vieillesse plafonnée et la retraite complémentaire au taux T1.
  • Tranche 2 (T2)De 1 à 8 PMSS (max T2 : 28 035 €). Fraction du salaire entre 1 et 8 PMSS. Taux de cotisation plus élevés. T2 = 7 × PMSS maximum.
Répartition T1/T2 pour un brut de 5 200 €. Tout ce qui dépasse le PMSS (4 005 €) bascule en tranche 2.

Ce qu'il faut vérifier : la ventilation T1/T2 est-elle cohérente avec le brut du mois et le PMSS (éventuellement proratisé) ? Les taux Agirc-Arrco sont-ils appliqués à la bonne tranche ?

  • Taux Agirc-Arrco T1 7,87 % (3,15 % sal. + 4,72 % pat.)
  • Taux Agirc-Arrco T2 21,59 % (8,64 % sal. + 12,95 % pat.)
  • CEG T1 2,15 % (0,86 % sal. + 1,29 % pat.)
  • CEG T2 2,70 % (1,08 % sal. + 1,62 % pat.)

Vérifier ces taux sur vos bulletins.

Vérifier le déclenchement et l'assiette de la CET

La Contribution d'Équilibre Technique (CET) est une cotisation de retraite complémentaire Agirc-Arrco avec une logique binaire qui génère fréquemment des erreurs.

Règle : la CET s'applique si et seulement si la rémunération cumulative dépasse le cumul des PMSS. L'assiette est alors T1 + T2 (le brut plafonné à 8 PMSS), et non la seule part excédentaire. En dessous du seuil, la base CET est à zéro.

Taux global : 0,35 % (0,14 % sal., 0,21 % pat.). Cette logique de seuil (tout ou rien) est distincte de la logique par tranche des autres cotisations, ce qui en fait un point de contrôle fréquent.

La CET fonctionne en tout-ou-rien : zéro sous le PMSS, assiette T1+T2 au-dessus (plafonnée à 8 PMSS).

Ce qu'il faut vérifier : (a) la CET est-elle présente quand elle devrait l'être ? (b) la base CET correspond-elle bien à T1 + T2, et non au seul excédent ?

Les cotisations de retraite complémentaire (y compris CET et CEG) peuvent être agrégées sur le bulletin conformément aux règles de présentation du BOSS. Ne présumez pas que la CET apparaît toujours comme une ligne distincte.

Régulariser un bulletin antérieur

Une erreur sur un bulletin déjà émis (T1 mal calculée, CET déclenchée à tort, plafond non proratisé) ne se réécrit pas. Elle se rejoue sur la DSN du mois courant via un bloc de régularisation, et le cumul année se recale automatiquement.

Une erreur sur un bulletin antérieur se rejoue sur le bulletin du mois courant. Le YTD se recale automatiquement si les blocs de régularisation sont posés.

Vérifier la proratisation du plafond

Le PMSS doit être proratisé dans deux situations courantes. Une proratisation incorrecte crée un dépassement artificiel de la T1, déclenchant à tort des cotisations en T2 et une base CET erronée.

  • Temps partiel PMSS × (heures contractuelles / 151,67)
  • Entrée/sortie en cours de mois PMSS × (jours calendaires d'emploi / jours du mois)
Le PMSS se proratise selon le temps contractuel ou les jours calendaires d'emploi. Un calcul incorrect crée un dépassement artificiel de la T1.

Ce qu'il faut vérifier : si le salarié est à temps partiel ou est entré/sorti en cours de mois, le PMSS a-t-il été proratisé ? Un plafond non proratisé provoque un dépassement artificiel et une surcotisation en T2.

Comprendre la régularisation progressive

La régularisation progressive compare chaque mois le cumul des bruts depuis janvier au cumul des PMSS. Si le cumul dépasse le plafond cumulé, la différence bascule en T2, même si le salaire mensuel habituel est sous le PMSS. Ce mécanisme s'applique également à la CET : un dépassement cumulatif active rétroactivement la base CET sur l'ensemble de l'assiette T1 + T2 cumulée.

Cas typique : un salarié à 3 800 €/mois (sous le PMSS) reçoit une prime de 2 000 € en juin. Le brut cumulé (24 800 €) dépasse le PMSS cumulé (24 030 €). Résultat : 770 € basculent en T2 et la CET se déclenche sur le cumul T1 + T2. Le bulletin du mois de juin affiche des bases inhabituelles, sans que le paramétrage ait changé.

Effet d'une prime sur la régularisation progressive : le dépassement cumulatif crée une base T2 rétroactive.

Ce qu'il faut vérifier : le delta T1/T2 d'un mois à l'autre est-il cohérent avec les cumuls ? Si une prime ou un 13ᵉ mois a été versé, la régularisation fait-elle sens ?

Exemple chiffré : contrôler un bulletin de bout en bout

Salarié cadre à temps plein, brut mensuel de 5 200 € (au-dessus du PMSS). Entreprise de 50+ salariés.

  • Base T1 4 005 € (= PMSS)
  • Base T2 5 200 − 4 005 = 1 195 €
  • Base CET 5 200 € (assiette T1 + T2, car rémunération > PMSS)
CotisationBaseSalarialePatronale
Vieillesse plafonnée4 005 €276,35 €342,43 €
Vieillesse déplafonnée5 200 €20,80 €109,72 €
Agirc-Arrco T14 005 €126,16 €189,04 €
Agirc-Arrco T21 195 €103,25 €154,75 €
CEG T14 005 €34,44 €51,66 €
CEG T21 195 €12,91 €19,36 €
CET5 200 €7,28 €10,92 €

Montants vérifiés contre le moteur de calcul du simulateur Linc (tranches.ts). Arrondi à 2 décimales.

Récapitulatif d'un bulletin cadre temps plein à 5 200 € de brut. Les totaux salarié (581,19 €) et patronal (877,88 €) sont issus du tableau ligne à ligne du même paragraphe.

Ce type de contrôle peut être automatisé. Linc automatise la ventilation par tranche et le calcul CET, avec des contrôles auditables pour les cabinets.

Barème de référence 2026

CotisationAssiettePart sal.Part pat.
Vieillesse plafonnéeT1 (≤ PMSS)6,90 %8,55 %
Vieillesse déplafonnéeTotalité0,40 %2,11 %
Retraite Agirc-ArrcoT1 (≤ PMSS)3,15 %4,72 %
Retraite Agirc-ArrcoT2 (de 1 à 8 PMSS)8,64 %12,95 %
CEGT1 (≤ PMSS)0,86 %1,29 %
CEGT2 (de 1 à 8 PMSS)1,08 %1,62 %
CETT1+T2 (si > PMSS)0,14 %0,21 %
APEC (cadres)≤ 4 PMSS0,024 %0,036 %
Chômage≤ 4 PMSS4,05 %
AGS≤ 4 PMSS0,20 %

Taux au 1ᵉʳ janvier 2026. Vieillesse déplafonnée patronale à 2,11 % (décret n° 2025-1446). Les taux doivent être relus à la lumière de votre paramétrage réel et de la convention applicable.

Questions fréquentes

Pourquoi la CET apparaît un mois puis disparaît ?

La CET se déclenche quand la rémunération cumulative dépasse le cumul des PMSS. Si un mois suivant ramène le cumul sous le seuil (par exemple après une régularisation ou un mois de brut plus faible), la CET disparaît et le trop-versé est régularisé. C'est le fonctionnement normal de la régularisation progressive appliquée à la CET.

Pourquoi ai-je de la T2 avec une prime exceptionnelle ?

La régularisation progressive compare chaque mois le cumul des bruts au cumul des PMSS. Une prime (13ᵉ mois, intéressement) fait basculer le cumul au-dessus du plafond cumulé, créant de la T2 rétroactive même si le salaire habituel est inférieur au PMSS.

Quelle différence entre CET et CEG ?

La CEG (Contribution d'Équilibre Général) s'applique sur T1 et T2 pour tous les salariés, avec des taux différenciés par tranche. La CET (Contribution d'Équilibre Technique) ne s'applique que lorsque la rémunération cumulative dépasse le cumul des PMSS, sur l'assiette T1 + T2. La CET est un mécanisme de seuil ; la CEG suit la logique par tranche classique.

Pourquoi la CET/CEG n'apparaît pas comme ligne séparée sur le bulletin ?

Le BOSS autorise l'agrégation des cotisations de retraite complémentaire sur le bulletin. CET et CEG peuvent être regroupées avec les cotisations Agirc-Arrco. Pour vérifier leur cohérence, comparez le total des cotisations de retraite complémentaire au calcul attendu (T1 + T2 + CEG + CET).

Faut-il détailler les codes DSN / CTP ?

La codification DSN et les codes CTP relèvent du paramétrage déclaratif, pas de la vérification du bulletin. Ce sujet dépasse le périmètre de cette page.

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